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dimanche 10 février 2013

Décès d'Abderrezak Bouhara, l'hommage au guerrier

Abderrezak Bouhara a été plus qu'un homme politique Algérien, si certains voyaient en lui le successeur d'Abdelaziz Belkhadem à la tête du Front de Liberation Nationale, feu Abderrezak Bouhara n'en fut pas moin un militaire et un militant de la première heure de l'indépendance du pays.
Nous laissons le soin à la presse classique de rendre hommage à l'homme politique et à l'homme tout court, nous préférons aborder ici le passé sous les drapeaux de cet homme exceptionnel.

Né en 1934 à Collo, Abderrezak Bouhara fait des études au collège moderne et interrompt sa classe de terminale maths, du lycée d’Aumale (actuellement lycée Hihi El Mekki) à Constantine, pour rejoindre l’Armée de Libération Nationale en 1955. A l’indépendance en 1962, il fait sa carrière dans l’armée et poursuit sa formation à l’Ecole militaire de Homs en Syrie, il en sortira Major de promotion. Il obtient une Licence en sciences militaires de l’Académie de guerre du Caire et sera désigné comme premier officier de l’ANP en stage à l’Ecole d’Etat Major de Paris. Successivement il est Aide de camp du président Ben Bella en 1962, Chef d’Etat Major de la 3ème Région Militaire (Béchar) en 1964, attaché militaire aux ambassades de Paris (1965) et de Moscou (1968) entrecoupant cette période par le commandement de la brigade algérienne en mission sur le canal de suez lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Il fera don de ses archives photographiques au musée de l'ANP, il était un témoin majeur de cette guerre et probablement l'Algérien pouvant dire le plus sur ce conflit. Il occupe ensuite le poste d’ambassadeur à Hanoi pendant les bombardements américains sur cette ville et là aussi fit profiter l'Armée Algérienne de sa formidable vision stratégique au coeur du conflit. Il mettra fin à sa carrière militaire avec le grade de lieutenant-colonel. Puis occupera d'autres postes politiques et administratifs, jusqu'à devenir vice président du Sénat. Il est l’auteur d’un livre autobiographique « Les viviers de la Libération » paru aux éditions Casbah en 2002. Et d’un autre « Du djebel aux rizières », paru aux Éditions Anep-Alger en 2005. 
La Nation lui est reconnaissante pour tous ses sacrifices, Condoléances à sa famille.