S’il paraît bien loin
de l’Algérie, le conflit russo-ukrainien en Crimée met à nu la dépendance de
l’ANP envers la Russie et ses relations privilégiées avec Kiev. La complexité
du marché de l’armement mondial et son imbrication avec les impératifs
diplomatiques et géostratégiques montrent la fragilité de l’armée algérienne et
l’impératif besoin en autonomie industrielle.
Le 17 février 2008, lorsque le Kosovo déclare son
indépendance de la Serbie, des dizaines de pays reconnaissent le petit Etat,
musulman et albanophone, des Balkans. Aujourd’hui encore, l’Algérie campe sur
ses positions : la non-reconnaissance du Kosovo, les relations entre Alger et
Belgrade, civiles et militaires, étant excellentes. Qu’en est-il de la crise en
Crimée et de la guerre qui couve entre la Russie et l’Ukraine ? L’ANP se
retrouve coincée entre deux partenaires stratégiques, qui eux-mêmes sont
interdépendants en matière de défense. Se prononcer envers l’une ou l’autre des
parties serait une véritable catastrophe pour l’armée algérienne qui pourrait
perdre une source d’approvisionnement en armes ou un accès à la pièce de
rechange, à la formation du personnel et à la maintenance de ses équipements de
pointe.



